Editoriaux > Le Rite Français, rite de Fondation > La revue JOABEN > Joaben N°3 Modernité et rite français
mis en ligne le mardi 4 décembre 2007
TRADITION MAÇONNIQUE ET Maçonnerie moderne
L’acte fondateur est la création de la Grande Loge des Modernes en 1717 à l’orient de Londres/Westminster. Le Big-Bang maçonnique est la parution des Constitutions publiées en 1723, par Anderson et Desaguliers et reconnues comme étant le corpus doctrinal d’un projet sociétal utopique de la maçonnerie spéculative.
Ce concept sociétal se décline par l’intermédiaire du Rite Maçonnique, scénarisé en récits légendaires permettant au Franc-Maçon d’être libre donc plus considéré et mieux respecté. Dans cette aventure maçonnique, le mythe central est celui d’Hiram, ce génial Architecte exprime la conquête sur soi, pour son équilibre du beau, du juste et du vrai afin d’être l’Ouvrier modèle.
Le Rite de fondation du Grand Orient de France, est la règle morale de vie, qui nous force à croire que l’homme est perfectible et qu’il peut s’émanciper. C’est aussi l’axe de recherche dans notre trajectoire individuelle entre le pavé mosaïque et la voûte étoilée.
L’histoire du Rite français débute l’année même de la fondation de notre Obédience. Le message transmis par les rituels du système en sept degrés du Grand Orient de France, a comme première exigence de sociabiliser les rapports entre les Frères, mais aussi de médiatiser les rapports de l’ordre à la société civile. L’histoire initiale de la Franc-Maçonnerie se réclamant du principe de libre examen par l’exposé rituel, qui n’est ni neutre ni strictement théorique, il permet de porter un regard différent sur autrui et ouvre de nouvelles pistes sur le sens de sa vie.
Dans son assemblée du 27 décembre 1773, la Grande Loge de Conseil du Grand Orient de France décide la création d’une commission des rituels pour revoir dans le détail les trois premiers degrés. Le Grand Orient veut mener aussi une politique sans complaisance à l’égard des hauts grades.
La Chambre des Grades est constituée le 18 janvier 1782. Dix-sept cent quatre-vingt-cinq, est la date importante. Le très respectable et parfait Frère, chevalier Alexandre Louis Roëttiers écuyer seigneur de Montaleau, fait voter les statuts et règlements généraux du Grand Chapitre Général qui a remplacé la Commission des rituels.
Il fait adopter les grades : d’apprenti, de compagnon et de maître et ensuite, le traité d’union avec le Chapitre St Jean d’écosse du Contrat Social et ainsi que celui du Grand Chapitre de France du docteur Gerbier, qui serait dépositaire d’une patente datée du 21 mars 1721 de la Grande Loge d’Édimbourg de l’ordre de Rose-Croix d’Heredom de Kilwining !
Nous pouvons mesurer aujourd’hui les conséquences heureuses de l’initiative de ce groupe de frères, qui sous son autorité a fait ce dépôt précieux aux archives du Grand Chapitre Métropolitain du Grand Orient de France. De 81 grades en 9 classes, acté le 13 juillet 1787. Depuis le Grand Orient de France en est le Conservateur et le Régulateur. En ce qui concerne les Ordres de sagesse, le principe de continuité du Rite français est dans l’usage de la transmission. Sa régularité vient de la lettre patente que seul le Grand Orient de France peut régulièrement délivrer, depuis le 13 juillet 1787.
Le Rite français ayant été conservé dans le principe de continuité des fondateurs du Rite dans certains Chapitres néerlandais. Le 30 mars 1963 [1] des frères hollandais du Souverain Chapitre Dos Roos, vallée de la Haye, se rendent à Paris pour transmettre les quatre ordres et installer un Souverain Chapitre - Jean Théophile Desaguliers, vallée de Paris.
Roger d’Alméras, membre actif du GODF, rassemble autour de lui des Frères pour se réapproprier le patrimoine du Rite de fondation de la maçonnerie moderne en ses sept degrés et constituer un Conseil Chapitral provisoire : Le 29 avril 1974, des frères du Souverain Chapitre Jean-Théophile Desaguliers, Vallée de Paris, installe le Souverain Chapitre La Chaîne d’Union, vallée de Paris, comme premier Chapitre inter-obédiencel en l’hôtel de la Grande Loge de France. Nous sommes avec Jean-Paul Carreau les deux derniers fondateurs vivants de ce Chapitre de Rite français.
Une formidable aventure romantique dans le récit du roman de Jérusalem, qui met en scène la fonction sociale de l’architecte Hiram, permettant ainsi de dépasser l’opposition entre folie et doute raisonnable. De ce réapproprier la mémoire de nos aînés du siècle des Lumières, pour partager avec eux l’exigence d’une société meilleure et plus éclairée. Siècle qui a transformé radicalement l’exigence des hommes pour acquérir une pensée critique et accepter le savoir comme un devoir indispensable au progrès de l’humanité.
La Loge et le Chapitre, deux espaces géométriques qui offrent une vision optimiste et dynamisante de la réalité. Ils tracent l’abscisse de notre prise de conscience d’un humanisme planétaire. « On ne naît pas parfait maçon libre mais on le devient ! »
Le cérémonial rituel du Chapitre s’inscrit dorénavant dans notre présent. Il projette l’image d’une situation ou d’un état que l’on souhaite atteindre. Il développe en nous une prise de distance face à la civilisation du paraître. Il favorise l’écho du projet sociétal des origines et il conjugue l’aspiration à vivre sans ignorance et sans violence. Il impose le devoir de défendre sans relâche le Principe de la dignité Humaine. Il consiste également à nous rappeler qu’il ne faut pas prendre les mots pour des idées et que pour parfaire l’ouvrage de son temple intérieur, parler n’est pas penser.
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[1] Cet épisode fait l’objet d’un article très fourni drPierre Petitjean, paru dans le numéro 37 de la Chaine d’Union, juillet 2006, pp. 79-87
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